MARCEL GUIGAL REMPORTE LA VICTOIRE DES AUTODIDACTES 2015

Mercredi 13 avril sʼest déroulée, à lʼAssemblée nationale, la 24e cérémonie des Victoires des Autodidactes, organisées par le Harvard Business School Club de France et le cabinet Mazars. Pour cette édition 2015, le jury a distingué Marcel Guigal,

Directeur général de E. Guigal SAS (Ampuis, Rhône), lauréat de la Victoire nationale des Autodidactes 2015, il est à la tête, selon le classement du prestigieux magazine Drinks International, de la troisième cave la plus admirée de France, cinquième européenne et neuvième dans le monde. E. Guigal SAS emploie 29 salariés et a réalisé, en 2014, un chiffre dʼaffaires de 53,2 millions dʼeuros (10% de croissance du chiffre dʼaffaires entre 2013 et 2014)

Les candidatures pour les Victoires des Autodidactes régionales, puis nationale, sont collectées dans huit capitales régionales, dont Lyon, chacune pilotée par un ou plusieurs anciens de Harvard Business School. Les bureaux régionaux de Mazars sont associés à lʼensemble de lʼopération. Les appels à candidature sont également diffusés par les anciens lauréats, la presse régionale, les Chambres de Commerce et dʼIndustrie, les banques et partenaires de la manifestation. En Auvergne-Rhône-Alpes, les Victoires des Autodidactes sont soutenues par la Banque Populaire Loire et Lyonnais, la Banque Populaire des Alpes et BPI France. Les dossiers complétés par les candidats sont étudiés par les jurys de chacune des régions, composés dʼun représentant des instances précitées, qui sélectionnent leur lauréat. Cʼest parmi ces lauréats régionaux quʼest choisi le lauréat national de la Victoire nationale de lʼannée.

 

Lʼautodidacte dyonisiaque

Il est à la tête, selon le classement du prestigieux magazine Drinks International, de la troisième cave la plus admirée de France, cinquième européenne et neuvième dans le monde. Marcel Guigal vit sa vie comme un rêve dont les principaux protagonistes seraient les membres de sa famille. Dans son bureau du Château dʼAmpuis que partagent sa femme, son fils et sa belle-fille, une maquette du Concorde trône, symbole dʼune France qui a régné en maître sur lʼaéronautique mondiale ; tout autour de lui, 70 hectares de vignes dʼexception, autre symbole de la France qui réussit sur les marchés internationaux.

 

Une histoire familiale

Marcet et Philippe Guigal

« Avant tout, prévient dʼemblée Marcel Guigal, la réussite de lʼentreprise est une réussite familiale. Cʼest un immense bonheur que de savoir que mon fils Philippe, brillant œnologue qui a fait les études que je nʼai pas pu faire, représente la troisième génération de Guigal à la tête du domaine. Jʼavais une admiration sans borne pour mon père Etienne ; je voue désormais la même à mon fils. »

Lʼhistoire entrepreneuriale de Marcel Guigal commence en 1961. Le jeune homme a dix-sept ans lorsque son père Etienne est brutalement frappé dʼune cécité totale. A la tête dʼun domaine quʼil a fondé en 1946, à Ampuis, berceau de lʼappellation Côte-Rôtie où la vigne et le vin sont célébrés depuis plus de deux millénaires, Etienne doit céder les rênes de lʼentreprise et du domaine de quelques hectares à Marcel, qui toute sa vie durant, nʼaura de cesse de le développer et de le faire connaître à travers le monde.

La Turque

Son premier combat, Marcel le livre à dix-huit ans, seul contre la commission dʼenquête du plan dʼurbanisme qui souhaitait classer lʼensemble des terres viticoles de la commune pour en faire des terrains à bâtir. La lutte est longue, dure trois ans, mais le jeune homme sauve les vignes de Côte-Rôtie. En 1973, sa femme Bernadette le rejoint à lʼexploitation de lʼétablissement. Ensemble, ils vont travailler à lʼépanouissement de lʼentreprise.

Bernadette et Marcel Guigal

En 1984, Joseph Vidal-Fleury, célèbre vigneron dʼAmpuis, à la tête dʼun domaine prestigieux, sʼéteint : cette perte va constituer la première opération de croissance à lʼactif de Marcel Guigal. En effet, la fille du défunt sʼest tout naturellement tournée vers les Guigal pour le rachat de lʼentreprise. Il faut dire que les deux maisons sont intimement liées. Cʼest chez Vidal-Fleury quʼEtienne, le père de Marcel, a appris le métier, dans les années 1924-1940. Destiné à une vie dʼouvrier dans la Loire, Etienne Guigal tombe amoureux dʼAmpuis et parvient à se faire embaucher par Joseph Vidal-Fleury en tant que vigneron. Gravissant les échelons et étant devenu maître de chai, sous son ère lʼentreprise se développe grandement, recrute. Quarante ans plus tard, au rachat de Vidal-Fleury, les employés qui avaient été embauchés par Etienne Guigal avant son départ vers sa propre exploitation, retrouvent un autre Guigal, Marcel. Les établissements Vidal-Fleury conservent, aujourdʼhui encore, une entière autonomie commerciale et technique.

Lʼannée 1995 est marquée par lʼacquisition du Château dʼAmpuis. Tout un symbole : la mère de Marcel y avait travaillé comme employée dans sa jeunesse. Le Château dʼAmpuis est depuis devenu le siège social de la Maison Guigal tandis que les bureaux et caves sont restés dans lʼantique petit village dʼAmpuis. En 2001, le domaine Guigal reprend lʼancien Domaine Jean-Louis Grippat, à Saint-Joseph et en Hermitage ainsi que lʼancien Domaine de Vallouit en Côte-Rôtie, Hermitage, Saint-Joseph et Crozes-Hermitage. Dernière opération en date : la famille Guigal acquiert en 2006 le Domaine de Bonserine et lʼépaule dans son développement. Comme les établissements Vidal- Fleury, le Domaine de Bonserine reste indépendant du Domaine Guigal. Aujourdʼhui, le Domaine Guigal vinifie et élève dans ses caves à Ampuis les appellations septentrionales de la Vallée du Rhône.

Lʼélevage des grandes appellations méridionales Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Tavel et Côtes-du-Rhône est également assuré dans ces mêmes caves. Philippe, quarante ans, le fils de Marcel et Bernadette, et sa femme Eve, ont rejoint leurs parents à la direction de lʼétablissement : « Ma fierté est de savoir que Philippe sʼest fait un réel prénom dans ce milieu marqué par son père et son grand-père. Il a eu la chance de pouvoir suivre des études dʼœnologue et dʼêtre diplômé par lʼOffice International de la Vigne et du Vin avec la mention « très bien » ».

Sans titre

 

Lʼimage de la France

Aujourdʼhui, les Guigal sont à la tête dʼune exploitation de 74 hectares, qui a produit, en 2014, quelque 7 millions de bouteilles et emploie 29 personnes. Le chiffre dʼaffaires dépasse les 50 millions dʼeuros, dont la moitié est réalisée à lʼexport (Etats-Unis, Japon, Canada). « Avec lʼaéronautique et lʼindustrie du luxe, le vin et les spiritueux véhiculent une part importante de lʼimage de la France à lʼétranger. Cʼest là encore une grande fierté. » Dʼautant que lʼhomme aime voyager ! En voiture (Marcel Guigal aime tellement les voitures quʼil les collectionne… en miniatures) mais aussi dans les mythiques avions et bateaux qui ont fait le prestige du pays : le Concorde, sur lequel il a souvent voyagé, ou encore le France quʼil sʼest promis de reprendre dès que sa nouvelle version sera mise à lʼeau. Marcel Guigal est également passionné dʼarchitecture et de rénovation. En février 2016, son domaine comportera dʼailleurs une deuxième cave, de 52 mètres de long. Les premiers mètres carrés du petit caveau où sʼactivait Etienne Guigal, semblent désormais loin. Mais lʼâme de la famille Guigal est bien encore présente en ces lieux qui abritent discrètement des vins dʼexception. Son histoire mériterait un livre, que plusieurs éditeurs se sont proposés de publier, de lʼenfance difficile de son père jusquʼau succès international de ses cuvées. Discret, lʼhomme a préféré décliner les propositions. « Mon père mʼa tout transmis par voie orale ; chaque soir, je lʼemmenais se balader et cʼest aussi comme cela quʼil mʼa formé. Du coup, mon histoire, je la raconte, mais je ne lʼécris pas », termine-t-il, un brin facétieux.

 

Marcel Guigal en bref

72 ans Marié, père dʼun fils, Philippe, 40 ans, œnologue ET Master OIV Passionné de grands vins, dʼarchitecture, dʼart, de voyages et dʼautomobiles Secrétaire général de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France. Conseiller de la Banque de la France jusquʼen 2014. « Homme de lʼannée 2006 », selon la revue Decanter.

 

Lʼentreprise E. Guigal SAS

Activité : production et commercialisation de vins fins de la vallée du Rhône.

Les célèbres appellations du Domaine : Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph, Hermitage, Crozes-Hermitage.

Effectif : 29 employés

Structure juridique : SAS

Date de création : 1946

Chiffre dʼaffaires 2014 : 53,2 millions dʼeuros (10% de croissance du chiffre dʼaffaires entre 2013 et 2014)

 

Les lauréats nationaux de la Victoire des Autodidactes

* en gras, les chefs dʼentreprise lauréats nationaux, issus des Victoires des Autodidactes Auvergne Rhône-Alpes Auvergne.

> 1989 : Christiane Audic, SAPOD Audic > 1992 : Jean Goubin, Cie Jean Goubin > 1993 : Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf > 1994 : Gérard Bourgoin, BSA Bourgoin > 1995 : Jean-Claude Bourrelier, Bricorama > 1996 : Maurice Brulé, SEPT > 1997 : Jean-Claude Montagnon, Chamatex > 1998 : Claude Lavorel, LVL Médical > 2000 : Lionel Poilâne, Poilâne et Philippe Tourette, Ioltech ex aequo > 2001 : Michel Adrien, Groupe Adrien SA > 2002 : Alain Papiasse, Crédit Lyonnais et Yves Weisbuch, Groupe France Cartes > 2003 : Olivier Ginon, GL events > 2004 : Philippe Leboeuf, société des Hôtels Concorde > 2005 : Roland Gomez, Proman SA (Prix Services) > 2005 : Robert Lohr, Groupe LOHR (Prix Industrie) > 2006 : Jean-Michel Hiolle, Groupe Hiolle Industries > 2007 : Christian Tacquard, Groupe Galapagos > 2008 : Pierre Alloin, Président Groupe Firalp > 2009 : Pierre Goll, FAM Automobiles > 2010 : Max Massa, ONET > 2011 : Lucien Georgelin, Georgelin SA > 2012 : Michel Garcia, Everial > 2013 : Gérard Dorey, Carrefour > 2014 : Philippe Ginestet, Gifi > 2015 : Marcel Guigal, E. Guigal SAS